Nous avons accueilli un journaliste étudiant durant un entraînement. Voici son excellent article sur notre club et notre sport. Bonnes fêtes à tous!
8
déc
Ils courent, se plaquent et sautent en débardeur sur un terrain
ovale. Leur but ? Mettre un ballon entre quatre poteaux. Découverte du
football australien avec les Bordeaux Bombers, champions de France en
titre.

Les Bordeaux Bombers (en noir) contre Paris, lors de l’ouverture de la saison. Crédits : PM
« Les gars, les projos du terrain ont grillé, va falloir s’entraîner sur le demi-terrain des footeux. »
annonce Fred Zohar, le président du club. Ses joueurs en rigolent.
Qu’importe, ils partagent déjà les vestiaires avec l’équipe de rugby
locale. Les Bombers ont un match samedi, le premier de la saison sur
leur terrain de St-Médard-en-Jalles.
Vieux de 150 ans.
Mais comme ses joueurs, l’homme qui a lancé le club en 2007 ne se
prend pas la tête. La principale mission de Fred ce soir : que tout
l’effectif signe un ballon du club. Il sera envoyé au Boxwood Hill
Bombers, l’ancienne équipe de Fred Zohar en Australie-Occidentale.
«Les australiens nous ont offert un jeu de maillot pour toute l’équipe. On fait ça pour les remercier. » Bienvenue dans le monde du sport amateur.

Frédéric Zohar entouré de ses troupes lors du titre de Champion de France en 2011. Crédits : Bbombers
Et pourtant cette joyeuse bande
« d’amateurs » incarne la référence de leur sport dans l’Hexagone.
Doubles champions en titre, vainqueurs de la Coupe de France, principaux
fournisseurs en joueurs de l’équipe nationale, les Bombers deviennent
l’équipe à battre pour tous les passionnés de « footy ». Quasiment
inconnu en France avec ses 150 licenciés, le footy, l’autre nom du
football australien, est une institution de l’autre côté du globe. « Là-bas, il y a 50 000 personnes chaque week-end pour voir les matchs, ici ils sont une trentaine » sourit Will, le trentenaire australien des Bombers. Avec ses règles édictées en 1859, The Australian Football Rules reste, après le rugby, le plus ancien sport collectif de la planète.
Plus technique qu’agressif
« Il a les apparences du foot, le placement du basket, les
plaquages du rugby, mais c’est un sport qui ne ressemble à aucun autre »
résume Fred Zohar, ancien capitaine de l’équipe de France. La règle de
base est simple : frapper un ballon ovale au pied pour qu’il rentre
entre
quatre poteaux.
Un goal entre les poteaux centraux vaut six points, entre les montants
extérieurs un seul. Pour empêcher l’adversaire de marquer, le plaquage
est autorisé des épaules jusqu’à la taille. Un régal pour les anciens
rugbymen.
Mais la comparaison s’arrête là. Avec
les règles australiennes,
la technicité prend le pas sur l’agressivité. Au bout de 15 pas de
course, le joueur est obligé de faire une passe. Ces passes ne peuvent
se donner qu’en frappant le ballon avec son poing ou son pied. Une passe
au pied attrapée avant que le ballon ne touche le sol,
un mark, offre un coup franc aux attaquants. Lorsque celui-ci est à proximité des poteaux,
le goal est quasiment assuré.
Toute l’essence du jeu consiste donc à bien se déplacer sur le terrain
pour attraper le ballon d’un coup…avant que l’adversaire ne se rue sur
vous. Compliqué ? Mettons ça en pratique.
Cuir et vomi

L’engagement, appelé ruck, se fait à la manière de l’entre-deux du basket-ball. Crédits : TSC
Il pleut, il vente et la température avoisine les 5°C. Peu importe, l’entraînement démarre. Courses, pompes et re-courses. Avec
un terrain ovale deux fois plus grand qu’un terrain de rugby, le footy est avant tout un sport d’endurance.
« Tout est basé sur la motricité en l’engagement. Le dernier journaliste qui est venu essayer a vomi. »
lance, taquin, Fred Zohar. Place aux exercices. Premier constat : oui
le footy peut faire mal. Mais là où l’on s’y attend le moins.
Lorsqu’une passe est mal maitrisée, le cuir épais du ballon, agit comme
un fouet sur la surface de la main. Loïc, un des joueurs de l’équipe de
France, vous prend donc à part pour
une initiation à la passe. Même chose lorsqu’on enchaine les passes au pied. Ces anciens footeux, rugbymen ou tennismen maitrisent.
« Ca prend juste deux ou trois entraînements pur apprendre les gestes » rassure Robin, 18 ans, le dernier arrivé dans l’effectif.
En Australie, il faut 18 joueurs par équipe. Dans le championnat de
France, par manque de licenciés, les oppositions sont réduites à 9
contre 9. Le placement reste donc essentiel. Là encore, il y a toujours
un Bomber pour aiguiller les nouveaux.
«En défense, suis-moi sans arrêt. Quand ton équipe gagne la balle, fais un appel sur le côté »
indique Lucas dans l’équipe adversaire, tout en vous éclatant gentiment
la mâchoire sur un dégagement. On se jette à terre, on poursuit son
adversaire au marquage, on lève toujours la tête pour chercher ses
coéquipiers. Le footy rassemble les sensations élémentaires du
sport collectif. Rafraîchissant mais épuisant.

Loïc, au plaquage contre Paris cette saison. Crédits : PM
« Il y en a qui joueront avec les Kangourous de Strasbourg samedi ? »
questionne l’un d’entre eux à la fin de l’entrainement. Par manque de
licenciés, la ligue autorisait autrefois le prêt de joueurs le jour de
match. Mais le sport se diffusant peu à peu,
avec maintenant 7 clubs dans le championnat,
la pratique n’est plus admise. Aucun bordelais n’enfilera le slip des
Kangourous. C’est au complet que l’équipe partira à la conquête de son
3ème titre de champion. En attendant que les projos soient réparés.
Thomas SC.
Bombers Bordeaux.
Chemin de Cantelaude, 33160 St-Médard en Jalles.
06 50 79 24 47
Licence + cotisation asso : 100€.
Entrée aux matchs : gratuite.
Le club organisera la coupe d’Europe en septembre 2013.
Plus d’infos sur http://bordeauxbombers.blogspot.fr/